Le papier boit l’eau. Ce n’est pas interdit.
Ni le papier, ni l’eau, ni la vague défragmentée par la peur de devoir se briser sur la côte dans des fragments bleutés.
Il y a bien le rocher noir affleurant qui d’un geste voudrait déborder des frontières du papier submergé.
Il y a même l’écume baveuse qui viendra dans une convulsion épileptique déchirer d’un trait le sourire de la tempête.
Rien ni fait. Ni la vague, ni l’eau, ni les lueurs mauves et violettes ne viendront empêcher l’ivresse du papier qui tangue.
Et si le ciel vient s’estampiller dans des variations grises c’est pour essayer de dégriser la volonté du mouvement qui m’emporte.
Trop tard!
Je suis englouti…
Poème écrit par Jean-Michel Ledru inspiré par l’oeuvre de Lucie de Saint